L’angoisse de séparation,  Qu’elle angoisse ! 

L’angoisse de séparation ?  Je suis en plein dedans. Mon petit dernier m’en fait voir de toutes les couleurs ! Pourtant j’aurais dû m’y attendre ; les 3 premiers ne m’avaient pas non plus ménagé. 

Mon premier ne supportait pas de me voir partir sans lui. A chaque fois c’était les grandes eaux. Et cela a durer un bon moment. Mon petit 2 ème me l’a moins fait remarquer. Par contre, mon 3ème a été vraiment très dur. Comme accroché, accroc à sa maman, il devait toujours être avec moi, toujours m’avoir dans son champ de vision. Quelques fois il m’oubliait un peu, jouait tranquillement. Seulement s’il repensait à moi ou s’il me voyait, il rentrait en crise jusqu’à ce que je le prenne avec moi. Je me souviens même avoir rusé en passant, cachée derrière une serviette, pour pouvoir traverser la pièce où il se trouvait sans qu’il me voit.

Mon petit 4 a pris le chemin de ce dernier. Seulement voilà,  il a décidé de faire bien pire ! 

NON maman tu ne vivras plus. Tu ne pourras plus aller aux toilettes 2 minutes sans m’entendre hurler.  Tu ne pourras plus aller dans une pièce différente de la mienne sans que je crie au désespoir.  Tu ne pourras plus déléguer à papa, mes repas et mon couché. Tu ne dormiras plus une nuit entière car je vais me reveiller plusieurs fois pour m’assurer que tu es toujours là.Ma chère maman tu es mon esclave du moment. Mon esclave préférée. 

Une petite voie qui essaie de me rassurer me dit que mon enfant, mes enfants m’aiment beaucoup, se sentent bien avec moi, se sentent en sécurité. D’où le fait qu’ils soient tous un peu ( beaucoup) pot de colle. Mais l’autre voix, motivée par la fatigue, crie au désespoir : mais pourquoi ?? Pourquoi me suis- je toujours pliée en 4 pour répondre illico à tous leurs besoins ?  N’ai- je pas fait en sorte qu’ils soient totalement dépendants de moi , comme le pense mon mari ?

D’après plusieurs études,  je ne suis pas la seule dans ce cas là. C’est un passage chez l’enfant qui est même totalement normal. Il se produit en générale entre 8 et 12 mois. Votre enfant pourtant si sociable et souriant avec les autres, se montrera plus craintif et sauvageon qu’à son habitude. Il pourra détourner les bras de toutes personnes ne se trouvant pas dans son cercle intime, et dans certains cas, se détournera même du Papa. Pendant cette période il comprend alors ce qu’est l’individualité. Non lui et vous ne faites pas qu’un. Vous êtes bien 2 personnes différentes.  Il se rend compte aussi que vous pouvez faire des choses de votre côté, sans lui. Il se demande si oui ou non vous finirez par revenir. Il n’arrive pas encore à  assimiler le fait qu’un objet ou personne ne se trouvant plus dans son champs de vision existe encore.  Quelle angoisse pour un tout petit. Vous qui êtes à ses yeux source de sécurité, source d’alimentation,  source de tendresse; de repère. Vous qui êtes toujours là pour le comprendre, le rassurer.

Je pense qu’il est important de bien comprendre ce processus pour réagir de la bonne façon envers son enfant. Non ce n’est pas une mauvaise chose. C’est un comportement nécessaire à son développement. Il est même plutôt valorisant d’être la personne choisie en tant que modèle de sécurité et de réconfort. Mais il est concevable qu’à la longue, ce passage devienne très difficile à gérer pour le référent en question. C’est un épuisement tortionnaire pour ma part.Doucement mais sûrement, ma petite sangsue avale mes dernières gouttes d’énergie. Je me suis souvent demandée comment j’ai fait pour les 3 premiers. La réponse s’est très vite offerte à moi. Dans le soucis de ne pas agraver cette angoisse, j’ai continué et je continue, tant bien que mal, à répondre à tous ses besoins. Dans l’espérance que, comme les autres, il prenne peut à peut confiance et se détache tout naturellement de moi. Ce n’est qu’une question de rythme en somme, de patience. Pourquoi vouloir faire avancer son enfant le plus vite possible ? Pourquoi essayer de balayer d’un revers de manche ses besoins, qui ne sont finalement que des besoins primaires.  La société actuelle me donne cette impression là. Cette impression de toujours courir après le temps. De sans cesse brûler des étapes pour être plus performant , plus réactif, pour aller au plus simple, au plus confortable sans même savoir ce qui est vraiment bien ou mal pour autrui ou soi même. .. Alors oui, par la force des choses nous rentrons tous peu à peu dans ce moule. Mais il est parfois nécessaire de prendre le temps avec son enfant. Il aura bien le temps plus tard de courrir lui aussi après le temps.

Je me trouve souvent entre l’énervement et la tendresse. Entre la patience et l’envie de m’enfermer et crier un bon coup. Mais Je sais que ce mauvais moment passera.. Qu’il sera vite derrière moi, vite un mauvais souvenir. Ou mieux encore,  que comme pour les autres je ne m’en souviendrai même pas. On a toujours l’impression que le temps est long lorsque nous nous trouvons en difficulté, mais après coup, avec un peu de recul ce n’était qu’un court moment.

Et vous, avez-vous déjà traversé une telle période avec votre enfant ?  Comment l’avez vous gérez ? 

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