Hier, nous avons enterré notre Chat….

Un peu morbide comme titre n’est-ce pas ? Pourtant la journée  avait bien commencé, je n’avais absolument pas prévu ça. Je n’ai pas prévu de voir le cœur de mes enfants brisé autant que le mien. Pourtant ce fût le cas. J’avais  bientôt prévu, de faire un article sur la relation des animaux et des enfants. Je n’en ai pas eu le temps. Je l’écrirai peut-être plus tard, quand le cœur m’en dira.

 Je vais plutôt aborder le thème de la mort. Beaucoup moins sympathique, mais pourtant tellement réel. On ne s’y prépare jamais assez. Voir comme dans mon cas, pas du tout. Pour nous adultes, c’est déjà bien compliqué. Alors imaginons ce que cela peut-être pour un enfant. Beaucoup de questions se bousculent :

– qu’est-ce que la mort ?                               -qu’y a-t-il après la mort?                           – a t’on mal quand on meurt?                      -devenons-nous tout seul ?                         -perdons-nous notre peau ?                        – notre couleur ?                                                -notre prénom?

Voici quelques exemples de questions auxquelles j’ai dû répondre aujourd’hui. Au départ, j’hésitais entre dire la vérité, ne rien dire du tout en attendant qu’ils se rendent compte ou pas de l’absence de leur chat, ou expliquer en enjolivant un peu l’histoire. 

Mon mari lui, était pour dire les choses cache, avec des mots qui selon moi étaient  un peu durs. Je ne  trouvais  pas l’intérêt de  cela. Pourquoi traumatiser des enfants, alors que l’on peut faire passer la pilule en douceur? Le monde adulte si cruel, n’est-il pas au final un peu trop rude pour nos enfants ? Je pense que si. Il faut parfois savoir les préserver. Ils auront bien le temps plus tard, d’être confronté à tout cela. L’avantage de cette méthode est que les choses sont dites. Pas de place à l’imagination, au doute, à l’incompréhension.

Est venu le moment de l’annonce. J’ai decidé de commencer à raconter les choses avec mes mots :   » Le chat était parti au pays des chats. Notre petite câline, avait trop mal à la tête, et se trouvait alors bien mieux là-haut ». J’ai commencé d’abord pas raconter cette histoire à mon aîné. Cette histoire était pour lui trop floue. Il ne comprenait pas vraiment où je voulais en venir. Pourquoi son chat qu’il  aimait tant, avait préféré partir dans un autre pays ? J’ai donc dû aller plus loin. Je n’en avais pas envie. Il avait besoin de plus de détails, pour comprendre que son chat ne reviendrait pas. J’ai alors dû, prononcer le mot que je ne voulais pas. Le mot mort. Ton chat est mort. Il ne reviendra plus.

 Peut-être qu’au final, ce mot me faisait plus mal à moi qu’à lui. Il avait enfin compris, il a pu commencer son deuil, à faire sortir ses émotions. Mon grand est très sensible, il exprime beaucoup ce qu’il ressent, avec ses mots d’enfants, qui arrivent à toucher au cœur,  n’importe qui. Ce n’est pas plus mal. Il a pu exprimer sa douleur, son désarroi.

 Et est alors venu le moment de le dire aux deux autres. Mon numéro deux, a le don de ne jamais rien laisser paraître. Au point quelquefois, de cacher sa douleur physique. Il a tout d’abord commencé pas répéter ce que je lui avais dit. M’a dit qu’il était triste, que son chat soit mort, et qu’il l’aimait beaucoup, et est vite passé à autre chose. Sa douleur est revenue un peu plus tard dans la soirée. Au moment où il a voulu commencer à dessiner son chat. Il n’y est pas arrivé, et a fondu en larmes. C’était sa façon à lui, de montrer qu’il était triste. Sans vraiment le dire. En se protégeant, on ne montrant rien, jamais rien. Mon petit 3 n’a,  il me semble, pas encore compris. Le temps fera les choses.

La difficulté dans ce genre de cas, et d’arriver à gérer ses propres sentiments, et ceux de ses enfants. Oui il est normal qu’ils soient tristes, comme j’ai pu l’être. Oui ils ont le droit de pleurer. Je pense qu’entre homme et femme nous n’avons pas la même façon de penser, d’aborder les choses. En effet, j’ai remarqué, que mon mari était beaucoup moins à l’aise avec les émotions de ses fils. Comme s’il fallait faire comme si de rien n’était. Comme s’il était normal de passer à autre chose assez rapidement. Comme s’il était normal de ne pas montrer ses sentiments. 

Moi de mon côté, j’ai laissé ma tristesse prendre le dessus, même si je n’aime pas le faire. Ça m’a aidé et ça m’aidera à passer le cap. J’espère qu’il en sera de même pour mes enfants. Il n’y a pas vraiment de bonne façon de parler de la mort aux enfants. Que ce soit pour un chat, un humain, un parent, un être cher. Il faut arriver à faire la part des choses, à s’adapter à la personne que l’on à en face. Certains auront besoin de partir dans l’imaginaire, d’imaginer une vie après la mort ; un peu comme mes enfants au final. Je les ai  senti rassurés, et soulagés, d’imaginer leur chat, jouant avec d’autres dans un monde imaginaire où tout était beau. D’autres par contre, auront peut-être besoin de mots un peu plus durs, de s’imaginer les choses comme elles le sont vraiment. C’est sûrement une question de caractère. Il nous restera plus qu’à apprendre à vivre sans elle, à gérer son absence, à doucement oublier les bonnes habitudes. 

J’espère ne plus avoir à parler de la mort à mes enfants d’aussi tôt. Qu’il reste tranquillement dans leur monde d’enfants, où la joie et le bonheur règnent. Ma petite câline, tu vas nous manquer.

 Et vous, avez-vous déjà eu besoin de parler de la mort avec vos enfants ? Comment vous y êtes-vous pris ?

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