Les étiquettes. ..

​C’est un grand timide, il est colérique, non mais qu’elle pleureuse ! On a tous déjà entendu une de ces phrases là. On en a tous déjà nous même prononcé. On le dit naturellement. Sans trop se poser  de questions. Un enfant ou un adulte à tendance à tout casser ? Normal, c’est un Destructeur. Impossible de s’exprimer facilement en publique  ? Normal, c’est un grand timide. Mais alors, pourquoi  ressentons-nous le  besoin de mettre des étiquettes ?  Est-ce une bonne chose ? Ou au contraire,  est-ce très négatif pour le développement personnel.

En  regardant autour de moi, en m’analysant et en analysant les autres, je me suis rendue compte,  que, souvent, nous posions des étiquettes sur nos enfants ou sur nous même, lorsque nous sommes confrontés à quelques chose, qui,  soit nous pose problème,  soit que nous ne comprenons pas. Cela nous arrange, cela nous réconforte. C’est une réponse pratique, facile. Lorsque nous nous confrontons à une difficulté,  l’étiquette va jouer un rôle de réconfort : Un enfant refuse de dire bonjour malgré tous ce qu’on peut lui expliquer sur l’importance de la politesse ?  Normal il est timide. On ne peut rien y faire, c’est  ainsi. Voilà une façon de lâcher prise, voir d’abandonner certains problèmes qui nous sont impossibles de résoudre, ou qui nous demande trop d’efforts au quotidien.

Ces étiquettes ne sont pas forcément toujours négatives. On peut également dire d’un enfant qu’il est très intelligent, qu’il est très sage et calme. D’un premier abord cela parait être une bonne chose pour l’enfant . Nous avons l’impression de le valoriser. Pourtant, même à travers ces mots positifs, ces étiquettes, nous l’enfermons doucement dans une ou plusieurs  cases. L’enfant dit intelligent ne va t’il pas se mettre une pression supplémentaire pour être à la hauteur de ce que l’on attend de lui ? L’enfant que l’on attendra toujours calme et sage, ne va t’il pas empêcher son extravagance de sortir pour rester conforme à ce qu’on attend de lui ?

Positives ou négatives les étiquettes n’ont pas un bon rôle. Loin d’aider l’enfant à comprendre son comportement, voir à l’aider à le modifier, elles vont l’enfermer dans un rôle qui n’est pas forcément le sien. Qui n’est pas forcément celui qu’il a choisi. Un enfant qui s’entendra dire toute la journée qu’il est colérique,  se dira au final que c’est bien le cas puisque ses propres parents et son entourage le lui rabâchent sans cesse. Pourquoi alors changer de comportement ? 

C’est un cercle vicieux qui peut durer jusqu’à l’âge adulte et l’handicaper dans ses relations avec autrui. La honte et la colère peuvent prendre le dessus. La honte poussera à éviter telle ou telle situation, de peur de se voir encore une fois mis en échec, mis face à ses vieux démons. La colère pourra être retranscrite sur ses propres enfants plus tard. Quelqu’un qui se sera fait traiter de maladroit toute sa jeunesse pourra ne pas supporter la moindre maladresse de son propre enfant, de peur que lui aussi subisse le même sort.

Il est donc très important d’aider son enfant à se décoller de ces étiquettes, et de ne pas lui en coller ( plus facile à dire qu’à faire je sais. Moi même je n’y parviens pas tous les jours ).                         L’aider à passer au delà de ce qui lui est reproché par exemple. Un enfant est maladroit ? on pourra peut être l’inviter à faire une activité ou la minutie sera de mise, pour lui prouver qu’il est capable. On pourra l’aider également en l’aidant à mettre des mots sur ses émotions lorsqu’une fois de plus cette vilaine étiquette viendra pointer le bout de son nez :  » Il n’est pas timide, il lui faut seulement un temps d’adaptation. »              

Mon mari et moi même avons instauré avec eux un petit jeu. Ils l’adorent, et ils en redemandent ! Tous les jours nous jouons à  » Mr qui « . Suivant les événements du jour, leurs comportements, nous leurs attribuons un « titre ». Mr Bêtise, Mr tu me soules,  Mr malade, Mr sage, Mr pleureur . ..Et bien d’autres encore. Vous allez me dire que ce sont aussi des étiquettes. Oui, bien entendu, mais elles sont éphémères. Ils savent qu’ils peuvent choisir l’étiquette qu’il souhaite en agissant eux même sur leurs actions, leurs comportements. Ainsi ils apprennent au jour le jour qu’eux seuls peuvent décider de la façon dont ils veulent se montrer en présence des autres, qu’eux seuls peuvent agir la façon dont ils vont  être perçus.

Et vous ? avez vous subi une étiquette pendant votre enfance ;  la subissez-vous encore maintenant ?

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